Guillaume Depardieu
est décédé lundi à l'hôpital de Garches (Hauts-de-Seine), à
l'âge de 37 ans, "des suites d'une pneumonie foudroyante
contracté lors d'un tournage en Roumanie", a-t-on appris
auprès de l'agence de comédiens Artmedia
à Paris.
C'est la fin aussi tragique que brutale du fils, né le 7
avril 1971, de
Gérard
et d'
Elisabeth
Depardieu, également comédienne. C'est
l'arrêt abrupt d'un parcours artistique chaotique qui avait
véritablement commencé en 1991 dans "
Tous les matins du monde"
d'Alain Corneau où il incarnait, le musicien Marin Maras,
jeune, que son père allait ensuite incarner à
l'âge adulte.
Il tournera ensuite une vingtaine de films. Dans "
Versailles"
de Pierre Schöller sorti au mois d'août et toujours
à l'affiche, il incarnait un clochard avec une
sensibilité à fleur de peau, un talent que la
profession semblait enfin lui reconnaître, mais toujours dans
un registre d'écorché vif, qui a
été le sien à l'écran comme
dans la vie.
Depardieu aura été un patronyme lourd
à porter pour ce jeune homme. Quand on s'appelle Charles
Michel, George W. Bush, David Hallyday, Anthony Delon ou Guillaume
Depardieu, on ne peut s'empêcher de penser qu'il suffit
d'avoir un papa pour en arriver là, mais qu'il n'y avait pas
de choix, non plus.
Cette question du népotisme était au centre d'un
film "
Aime ton
père", réalisé par Jacob
Berger, en 2002. Dans cette fiction qui avait tout d'un documentaire,
Gérard et Guillaume réglaient leurs comptes.
L'histoire d'un père illustre et d'un fils qui se sentait
abandonné mais incapable sans lui d'exister artistiquement.
C'est, de fait, davantage dans les pages des faits divers
qu'à la rubrique culture que Guillaume Depardieu s'est fait
un prénom. Avec des chambres d'hôtel
saccagées. Avec des excès de violence, d'alcool,
de drogue qui vont le conduire en prison. Avec cette terrible
amputation de sa jambe en 2003, pour mettre fin à une
infection contractée par les 17 opérations subies
après un accident de moto.
Dans sa filmographie, brillent d'un éclat particulier ses
films tournés sous la direction de Pierre Salvadori. Dans "
Cible émouvante",
"
Les Apprentis"
et "
Comme elle respire",
le réalisateur a su exploiter avec humour son physique, son
décalage, jusqu'à lui faire décrocher
un césar du meilleur espoir masculin...
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Fernand Denis et Hubert Heyrendt