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Une très mauvaise conductrice : interview de Susan Sarandon (Speed Racer)
Mis en ligne le 16/07/2008
Susan Sarandon a tourné un pur divertissement comme Speed racer pour faire plaisir à ses enfants
Les enfants ont toujours énormément
influencé leurs parents. Et pas seulement dans les
supermarchés au moment de s'engouffrer dans le rayon des
friandises. Ils peuvent aussi les pousser à des choix
professionnels inattendus. Susan Sarandon,
la plus militante des stars hollywoodiennes, n'aurait sans doute jamais
tourné dans un divertissement flashy centré sur
des voitures de courses sans la pression de sa petite famille. Les
mamans réservées, qui restent dans la cuisine
pendant que les hommes discutent mécanique, très
peu pour elle. Et pourtant, elle a accepté un rôle
très secondaire dans Speed racer
des frères Wachowski pour faire plaisir à sa
progéniture.
" Matrix a eu un impact
énorme sur ma famille, qui l'a adoré,
explique-t-elle. Mes enfants (Jack Henry, 17 ans, et Miles, 15 ans,
NdlR) trouvaient que ce serait cool de tourner pour ce film-ci. Et ce
l'était. Je n'ai jamais été
dirigée de cette manière-là.
Déjà dans le script, il y avait
énormément d'éléments qui
allaient dans tous les sens et que je ne comprenais pas du tout. On
était très bien entourés pour savoir
ce qu'il fallait faire, mais je n'avais pas la moindre idée
de ce qu'on verrait à l'écran. J'avais parfois
l'impression d'être dans un univers halluciné tant
leur imaginaire est extraordinaire. En cela, c'est très
différent des films classiques. Mais je suis contente de
cette expérience. "
Très pro, Susan Sarandon joue le jeu de la promo sans la
moindre réserve. Même si elle n'emboîte
pas le pas du producteur prompt à annoncer le
début d'une nouvelle ère
cinématographique grâce à cet immense
jeu vidéo. " Les
frères Wachowski veulent apporter des nouveautés
pour faire battre le coeur de leur famille. Même s'ils aiment
le spectacle et les couleurs, ils font très attention
à maintenir l'humanité des personnages et ne pas
les noyer dans le show. Ils sont très protecteurs. Et font
attention à leurs valeurs. Quand on me demande pourquoi je
tourne un film comme celui-ci, je réponds toujours : c'est
quoi un film comme celui-ci ? Visuellement, ça n'a jamais
été fait ! Ce n'est pas si mal... "
Plus étonnant encore : elle défend aussi avec
coeur un rôle pourtant totalement inconsistant. " L'industrie du film a tendance
à toujours refaire la même chose, au lieu de
sortir du cadre. C'est donc dur pour tout le monde. Je ne suis pas
certaine que les hommes aient plus de choix. C'est sûr par
contre qu'il y a moins de rôles pour les femmes que pour les
hommes, et encore moins pour les femmes plus
âgées. Je ne pense pas non plus qu'il y ait
beaucoup de bons rôles pour les hommes plus
âgés. Plus de premiers rôles et plus
d'argent, oui, mais pas plus de rôles de qualité.
Cela n'a pas changé. Les femmes doivent toujours
être plus proactives pour développer des projets.
Mais je ne peux pas me plaindre personnellement. C'est vrai qu'on me
propose plus de rôles secondaires, mais tant qu'ils sont
intéressants et pertinents dans le contexte du film, cela me
convient très bien."
Finalement, la jolie sexagénaire aux cheveux acajou ne se
lâche vraiment qu'au moment d'évoquer sa propre
conduite sur la route. " Je
me crashe assez rapidement... Honnêtement, je ne connais rien
aux autos. Je veux juste qu'elles soient solides, grandes et qu'elles
roulent. J'ai tendance à rouler plutôt vite et ne
pas ralentir. À New York, c'est comme ça qu'on
conduit... " Bref, elle prend le taxi aussi souvent que
possible.
Propos recueillis par Patrick Laurent - La Dernière Heure
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