Le 2 juillet prochain sort sur nos écrans le très
attendu
deuxième volet du Monde de Narnia :
Prince Caspian.
Retrouvez
sur Cinebel l'interview exclusive de Isis Mussenden,
costumière
principale du film.
Visite sur le plateau de Prague, les 4 et 5 juin 2007
Isis Mussenden, costumière du premier volet du
Monde de Narnia :
Le Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique,
compte
également à son actif les deux premiers films de
la
série
Shrek.
Avec la majeure partie du reste de
l’équipe du
Lion,
la sorcière blanche et
l’armoire magique, Isis Mussenden est de retour
pour le second
chapitre du
Monde de
Narnia : Le Prince Caspian.
Comment avez-vous
vécu votre retour à Narnia ?
IM : J’ai retrouvé l’équipe
avec beaucoup de
plaisir. C’est nettement plus facile la deuxième
fois
parce qu’on se connaît tous et on sait qui fait
quoi
exactement. C’était aussi passionnant parce que
nous avons
vraiment essayé de relever la barre avec ce film. Tellement
de
temps s’est écoulé à Narnia
entre les
événements du Lion, la sorcière
blanche et
l’armoire magique et Prince Caspian qu’il nous
était
possible de créer notre propre nouveau monde. Dans Prince
Caspian, Narnia est gouverné par le roi Miraz et la race des
Telmarins, qui ne sont pas du tout présents dans le premier
film. Donc notre mission immédiate était de
décider comment les habiller et leur donner un look unique
et
distinct.
Où avez-vous
cherché votre inspiration ?
IM : Nous sommes partis en Europe, en Espagne, en Italie et
à
Londres, pour voir ce qu’il y avait dans toutes les
costumeries.
Mais tout ce que nous avons trouvé ressemblait beaucoup
à
ce que l’on avait déjà vu dans
d’autres
films. En fin de compte, c’est dans un musée du
textile
à Florence que nous avons trouvé exactement ce
que nous
cherchions, dans un livre : des costumes qui étaient en
quelque
sorte un mélange de méditerranéen,
pirate,
médiéval et qui dégageaient un
sentiment
général de méchanceté. Nous
avons tout
d’un coup réalisé que nous avions sous
les yeux ce
que portaient nos Telmarins. Tout sonnait juste.
Et en ce qui concerne les
costumes
pour les acteurs qui étaient déjà dans
le premier
film ? Avez-vous eu des difficultés à ce niveau ?
IM : Le plus gros problème était que tous les
enfants
étaient encore en pleine croissance. Il fallait soit pouvoir
modifier les costumes, soit avoir de plus grandes tailles disponibles.
Dans un film avec tellement d’action, il faut aussi habiller
beaucoup de doublures et de cascadeurs, et avoir des rechanges si un
vêtement est couvert de boue ou de sang. Ben Barnes, qui joue
le
Prince Caspian, a porté au moins 15 chemises pour le
tournage de
la scène où il s’évade du
château du
roi Miraz.
Le Lion, la
sorcière blanche et
l’armoire magique était déjà
une
épopée, mais Prince Caspian semble être
à
une échelle encore plus grande. Qu’est-ce que cela
signifie pour la régie des costumes ?
IM : Beaucoup de travail ! Nous avions une équipe
d’environ 70 à 80 personnes et nous avons
confectionné pratiquement chaque vêtement
nous-même.
Par exemple, nous avons créé absolument tout ce
que
portent les Telmarins dans le film. La régie des costumes a
travaillé 24 heures sur 24, en équipes de 12, 15
et
parfois 17 heures. Rien que pour les Telmarins, nous avons
habillé 200 soldats, 40 cavaliers, 35 cascadeurs, 30 gardes
royaux, 12 seigneurs et, bien sûr, le roi Miraz
lui-même,
qui porte plusieurs costumes tout au long du film.
Certains costumes ont
l’air incroyablement inconfortables. Les acteurs se
plaignent-ils parfois ?
IM : C’est une question intéressante parce
qu’il
fallait absolument tenir compte de la chaleur et du poids des costumes,
surtout quand le tournage était en extérieur en
plein
été. Par exemple, il fallait faire en sorte de
pouvoir
sortir quelqu’un de tel ou tel costume en 3 à 4
minutes
maximum pour qu’il n’ait pas trop chaud.
D’un autre
côté, il est nécessaire de trouver la
juste mesure,
parce que le travail du costumier consiste aussi à aider les
acteurs à se mettre dans la peau de leur personnage, et pas
seulement à lui ressembler. Si c’est trop facile,
si on ne
serre pas assez le corset ou si l’armure n’est pas
assez
lourde, les acteurs évoluent comme s’ils
étaient en
jeans et t-shirt, et ça ne sert à rien. Le film
ne serait
tout simplement pas réaliste.