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| Chamouth a déjà écrit 13 commentaires sur le forum |
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INLAND EMPIRE,
posté le 17/02/2007 - cote : 2/10 |
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Ayant grandi avec les films de Lynch depuis Dune (j'avais 13 ans, j'ai donc eu le bonheur de voir chaque film du réalisateur en salle depuis ce moment !), j'ai l'impression d'avoir été abusé et trahi une dernière fois par un vieil ami. Abusé par ce cinéma qui s'essouffle, ressasse et remâche les mêmes éléments épuisés du même univers depusi trop, trop longtemps. Trahi parce que ces mêmes éléments ont désormais été totalement vidés de leur substance, de leur pouvoir de suggestion, de leur beauté et de leur force. Comment revoir encore Blue Velvet après en avoir vu tous les éléments réemployés 15 ou 20 fois dans cette mauvaise soupe ? Et 15 ou 20 fois encore dans Mulholland Drive ou Lost Highway ? La machine lynchienne a fini de se digérer elle-même et tourne à vide.
Certains applaudiront Lynch d'être revenu à la forme expérimentale de ses débuts, y voyant la preuve ultime de son indépendance et de sa liberté d'esprit. Si on se focalise sur le processus (ce qui semble être devenu le leitmotiv de Lynch), c'est sans doute vrai. Mais seul le résultat compte et là, je ne vois pas bien quelle liberté ou indépendance il y aurait à exploiter jusqu'à la nausée un imaginaire déjà aussi usé. Eraserhead déployait un univers qui tenait (et tient encore) debout tout seul, là où Inland Empire serait inconcevable sans toutes les références internes à l'oeuvre lynchienne, ses clins d'oeil appuyés, ses auto-citations qu'il accumule jusqu'au ridicule. C'était déjà le cas pour Lost Highway et Mulholland Drive - au risque de choquer les fans, ces films étaient déjà, en soi, des sortes de remakes (en tout cas n'apportaient rien qui ne se trouvait déjà dans Blue Velvet, Wild at Heart ou Twin Peaks) - ce que je pardonnais bon gré mal gré en me disant que le temps de la nouveauté était terminé et que le mieux que Lynch puisse faire, c'était de creuser le sillon un peu plus profond. Ici, plus vraiment d'excuse, Lynch, en épuisant son cinéma, a définitivement épuisé le peu de crédit qu'il lui restait.
Et puis il y a cette image digitale, moche, sans grain ni profondeur, ces gros plans quasi-pornoraphique de visages, cette manière de vous montrer un film enchâssé dans un film sur le tournage d'un film qui serait le remake d'un autre film, l'accumulation des fausses fins dans le film sur le film sur le film (etc.), la durée enfin de l'objet proprement dit - tout est là pour vous rappeler que vous vivez l'épreuve (physique) de voir un film dans une salle de cinéma. Bref, tout ça ne fait qu'encore augmenter la distance entre le spectateur et ce qui se passe sur l'écran. Autant dire que je ne me suis pas senti concerné une seule minute par le sort de Laura Dern, qui aura dû faire preuve de beaucoup d'indulgence à l'égard du maître pour livrer une performance il est vrai exceptionnelle, mais qui ne suffit pas à éviter le naufrage
A la réflexion, ce film devrait ravir 3 types de public:
(1) Les inconditionnels qui ne jurent que par Lynch, lui ont de toute façon voué un autel, et ont volontairement abdiqué leur esprit critique. De ceux-là, vous entendrez surtout: "J'ai rien compris, c'est génial".
(2) Les personnes qui n'ont qu'une faible connaissance de la filmographie de Lynch, ont peu de familiarité avec le cinéma expérimental mais (!) une large ouverture d'esprit: pour ceux-là, le film sera peut-être une porte ouverte, une voie d'accès vers un autre rapport au cinéma. Si le film n'avait qu'un mérite, ce serait peut-être celui-là !
(3) Les snobs et les journalistes de cinéma qui font l'opinion du public snob (Libé et les Inrocks). Que LLB ait apprécié ce film donne une idée de la direction décidément réactionnaire, en tout cas inoffensive prise par le cinéma de Lynch. |
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Pan's Labyrinth,
posté le 18/02/2007 - cote : 7/10 |
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Un film étonnant, au ton unique, d'un réalisateur décidément à suivre... Parfait, s'il ne manquait le petit "je-ne-sais-quoi" qui en ferait l'objet (vraiment) bouleversant que certains voient peut-être un peu trop vite en lui. "Merveilleux horrifique", oui : mais l'horrifique se ramène vite à l'anecdote (chairs tuméfiées par la torture, amputations à vif, accouchement quasi-médiéval, exécutions sommaires...), tandis que le merveilleux peine à sortir du schéma traditionnel du conte de fées où la Princesse doit passer trois épreuves pour accomplir sa quête... On rétorquera que le film est peut-être le seul à tenter ce téléscopage - ça n'en fait pas un chef d'oeuvre pour autant. Beaucoup d'images, peu de poésie. |
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Funny Games U.S.,
posté le 23/04/2008 - cote : 9/10 |
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Je suis effaré, et effrayé, par les critiques "au premier degré". Apparemment, certaines personnes s'attendaient à une sorte de "divertissement". Inutile de dire qu'ils ont été déçus: ils critiquent le scénario, le jeu des acteurs, la "violence gratuite"... Et ne voient pas que le propos est ailleurs. Ce que l'écran reflète, ce sont nos propres pulsions cinématographiques: que ceux qui sont déçus de la platitude de l'intrigue, par exemple, s'interrogent sur les raisons qui les poussent à aller voir de la violence au cinéma. La violence est-elle plus supportable avec de meilleurs prétextes scénaristiques ? Le film relève clairement de l'essai. Il prend pour objet le cinéma et le désir du spectateur, et vous le renvoie à la figure. Le meurtrier à la zappette, c'est un peu vous, c'est un peu nous, dans notre rapport aux images. Personnellement, je préférais la version originale, et je m'interroge sur l'opportunité d'un remake, mais cette version d'un film-concept permettra sans doute de lui gagner un nouveau public. |
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The Mist,
posté le 05/05/2008 - cote : 7/10 |
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A l'heure où l'on ose plus vraiment faire du cinéma d'horreur sans clin d'oeil, effets parodiques et références au genre, "The Mist" surprendra par son côté tragiquement sérieux (certains diront sérieusement tragique), sans aucun humour ni second degré. Le film est bien servi par le choix des acteurs - aucun "grand nom", ce qui évite de projeter trop d'images sur des vedettes déjà suremployées. Une poignée de citoyens ordinaires, raisonnables et pragmatiques, doivent résister à des monstres lovecraftiens sortis d'une autre dimension... mais aussi à leurs concitoyens rendus furieux par une prophétesse de malheur, dans un supermarché vraiment sous-équipé (on est loin du "Zombie 2" de Romero !). Cette vision pessimiste et ironique de la nature humaine prend vraiment toute son ampleur dans les cinq dernières minutes que vous trouverez, au choix, totalement grandiloquentes ou profondément poignantes. "The Mist" renoue avec la série B - le type même du petit film qui ne manque pas de grandeur. |
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Angles d'attaque,
posté le 07/05/2008 - cote : 3/10 |
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Le procédé consistant à raconter le film selon différents angles successifs est peu original, mal exploité et d'autant plus embarrassant qu'il est sans cesse mis en avant. Le personnage du garde du corps du Président, revenu du blessure, en fin de carrière et en recherche de confiance a déjà été incarné, avec autrement plus d'intelligence et de sensibilité, par Clint Eastwood. Le thème du terrorisme est particulièrement mal traité: l'ennemi n'est pas identifié, l'un des terroristes fait l'objet de chantage, on ignorera toujours pourquoi l'un des gardes du corps trahit son camp - bref, l'intrigue devient vite parfaitement invraisemblable. Mais que diable des acteurs comme Forrest Whittaker, Sigourney Weaver et William Hurt allaient-ils faire dans cette galère ? Ratage total. |
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Iron Man,
posté le 08/05/2008 - cote : 7/10 |
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Clairement dans le haut du panier des films de super-héros, bien servi par des acteurs étonnants légèrement à contre-emploi (un très bon rôle pour Robert Downey jr), scénaristiquement plus enlevé que ce que j'ai lu ici... Une bonne surprise, ma foi. |
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J'ai toujours rêvé d'être un gangster,
posté le 08/05/2008 - cote : 5/10 |
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La bande annonce est une belle invitation, le film est un piège... J'ai toujours trouvé difficile et injuste de reprocher à un film d'être "ennuyeux" (la notion de "divertissement" étant très relative, je ne vois pas comment elle pourrait faire un bon critère d'appréciation), et je suis le premier à me méfier de son usage. Tel amateur de film d'actions peut trouver "ennuyeux" "L'Amant de Lady Chatterley", le cinéphile moyen sortira après une demi-heure de "Spiderman" ou des "Bronzés". Pour une fois, ils risquent de s'entendre sur ce mauvais rêve de gangster car, à moins d'être particulièrement charitable et bon public, c'est bien d'ennui qu'il s'agit. |
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JCVD,
posté le 11/06/2008 - cote : 8/10 |
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Non, JCVD n'est pas "fidèle à lui-même": il se trouve même, pour la première fois, là où personne ne l'attendait. Dans un endroit improbable, un film portant son nom, qui le met en scène et où il joue son propre rôle, et même un rôle à l'intérieur de ce rôle. Où Jean-Claude van Damme se retrouve pris au piège de sa propre image par les braqueurs de la Poste de Schaerbeek... Où il se fait prendre en photo par les types du video club en face de la banque... Où il se fait sermoner par sa conductrice de taxi parce qu'il refuse courtoisement de lui faire la causette pendant le trajet qui l'amène à ladite banque... Où il se retrouve à ironiser devant ses propres proverbiales conneries sous cocaïne face aux autres otages du braquage... Où même le Procureur lui sort du "aware" pour lui retirer la garde de sa fille... Où il se retrouve à mendier du boulot à son agent parce que Steven Seagal, qui a coupé sa queue de cheval, vient de lui piquer un rôle... C'est un peu "J'avais rêvé d'être un gangster" avec Jean-Claude van Damme dans son propre rôle... Ce n'est pas aussi étonnant de bout en bout, mais c'est, assurément étrange, totalement atypique. Enfin, j'ajouterais que ce n'est pas une loufoquerie belgo-belge de plus: tout ne repose pas sur le jeu de miroir où Van Damme regarde JCVD se perdre avec lucidité et ironie dans la grise et morne banlieue bruxelloise. Il y a de réelles qualités cinématographiques, comme cet époustouflant plan-séquence d'ouverture où van Damme refait du van Damme, avant de se faire retourner par une tête à claque de jeune réalisateur asiatique à qui il rétorque qu'à son âge, refaire une telle séquence, c'est beaucoup demander... A voir. |
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Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal,
posté le 11/06/2008 - cote : 3/10 |
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Pour résumer, Indy se retrouve plus ou moins dans la même situation que Sean Connery dans le troisième volet, avec maman (Karen Allen, la brune de l'Arche perdue) prisonnière des méchants et le gentil fifi tombé du ciel avec son blouson noir (comme sur l'affiche), son couteau et les gènes de papa pour prendre la relève (ce serait étonnant, fifi a à peu près le charisme d'un bouton de porte). Devant tant de bêtise et d'inélégance, on soupire après Sean Connery, d'autant que les Cocos (pauvre et ridicule Cate Blanchett !) ont remplacé les Nazis ("Je hais ces gens-là !"), le sable du désert s'est fait recouvrir par la forêt péruvienne (ou amazonienne, on s'y perd un peu), Indy est lui-même devenu agent double de la CIA doublé par un agent triple et soupçonné par les McCarthystes. Bref, c'est un peu le retour du fils caché du Royaume du Diamant Vert du Crâne de Cristal, sans les gendarmettes (quoi, ne me dites pas qu'il n'y avait pas de gendarmettes dans la Poursuite du Diamant Vert !). C'est tarte à souhait, mais ce n'est même pas drôle. Enfin, la pilule serait peut-être passée plus facilement si Spielberg avait poussé l'auto-parodie jusqu'au bout... Mais le jour est proche où la ligne de crédit de ce monsieur en matière de divertissement sera proche de zéro. Reste la scène du frigo, mais je n'en dirais pas plus. |
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Phénomènes,
posté le 15/06/2008 - cote : 6/10 |
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Le public serait-il trop blasé pour apprécier la nouvelle proposition de M. Night Shyamalan? Ou l'horizon d'attente créé par le cinéaste depuis le "Sixième Sens" est-il si vaste qu'on s'étonne, de film en film, qu'il ne puisse renouveler sa garde-robe d'effets ? Soyons clair, "Phénomènes" n'est pas le film de l'année, et il pâlit un peu en regard des précédents films du réalisateur. En noir et blanc et réduit à une demi-heure, il aurait fait un très bon épisode de "The Twilight Zone" - à croire qu'il y a en Syamalan un peu de Rod Serling, et beaucoup de l'âge d'or de la science-fiction. Spécialiste des fins à "twist", il renoue ici encore avec le premier degré de "Signes": l'hypothèse écologique, tenue du début à la fin, fera fuir les sceptiques mais imposera au moins un cinglant démenti à ceux qui voyaient dans "Le Village" une pastorale subtilement réactionnaire. Enfin, "Phénomènes" marque aussi une régression par rapport à "La Jeune Fille de l'Eau": un mauvais bégaiement, quelques tics que ne rattraperont pas de très belles images de la Nouvelle Angleterre et une cinématographie une nouvelle fois irréprochable (quoiqu'en pure purte). Faites maintenant un effort pour oublier que vous attendiez ou redoutiez peut-être beaucoup de ce film, et il reste 1h30 d'un cinéma très intrigant, à la beauté un peu glacée et au charme rétro. |
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