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| Slaïe a déjà écrit 4 commentaires sur le forum |
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Cars,
posté le 03/07/2006 - cote : 6/10 |
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Très très déçu par le nouvel opus de John Lasseter... Le réalisateur de Toy Story s'est un peu laissé aller à l'action à tout prix. On est très loin de la magie des précédentes productions Pixar, Finding Nemo ou les Indestructibles, chefs-d'oeuvre du film d'animation par ordinateur, et sans doute chef-d'oeuvre du cinéma au sens large. Ici, une tonitruante entrée en matière, un humour décalé mais pas aussi savoureux que dans les films précédents. Et l'envie grandissante de quitter la salle. Les enfants qui commencent à remuer dans leurs sièges, à défaut d'entrer dans l'histoire... Beaucoup d'indices négatifs... En sortant, j'ai compris ce qui avait fait que la sauce n'avait pas bien pris cette fois-ci: le concept d'un monde peuplé de voitures est oppressant au possible. On cherche sans cesse dans les coins de l'écran un peu de vie. En contraste total avec le court-métrage "L'homme orchestre", présenté en avant-programme, tout de poésie pixarienne.
Vivement la suite! Tout le monde n'est pas Brad Bird (Le Géant de Fer et The Incredibles). Lasseter devrait prendre des cours particuliers auprès de son poulain... |
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Casino Royale,
posté le 25/11/2006 - cote : 7/10 |
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On a tout dit sur ce film - pour ou contre Craig en Bond; le renouveau tant attendu du personnage après bien des films faits au moule; enfin un vrai Bond dur et cynique comme Fleming l'avait créé; etc.
Alors quid? Un Craig sans doute honnête, qui pourrait encore mieux faire si les répliques étaient mieux écrites et les situations moins téléphonées. Mais très loin du vrai Bond désabusé de Fleming, et que seul Lazenby a été autorisé à jouer comme ça, dans Au service secret de sa Majesté (si c'est bien le titre français, en angl: OHMSS). Un vrai Bond au sens flemingien ne serait sans doute pas assez consensuel aujourd'hui, pas assez vendable. Car il faut se rappeler que Bond, comme Batman, n'est pas a priori un gentil, bien au contraire. C'est un vrai méchant potentiel, un cynique torturé, prêt à se servir de (presque) tout le monde pour arriver à ses fins, et principalement des femmes, que l'on retrouve mortes après son passage, épuisées, consommées, foudroyées...
Et c'est là que se situe la vraie force de ce Casino Royale, en la personne de Vesper Lynd. Eva Green lui donne une présence qui hisse d'un coup le film de deux crans. Les dialogues attendus prennent une saveur nouvelle, et l'histoire d'amour existe vraiment, lorsque Bond trouve son double.
Cette histoire d'amour qui finit mal va dicter sa conduite sur les prochaines aventures, et c'est réjouissant pour le spectateur de voir ce qui a forgé Bond (comme pour Vador dans l'épisode 3 de StarWars).
Malgré cette présence miraculeuse le film reste un peu lourd dans ses rouages. On a l'impression que la version proposée n'a pas fini d'être montée, qu'il faut encore la "sécher" un peu.
Mais le souvenir de Vesper sous la douche, d'une fragilité à l'opposé de la James Bond girl de service, restera nous hanter longtemps...
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Black Book,
posté le 12/12/2006 - cote : 10/10 |
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Zwartboek est un vrai film d’auteur, et cet auteur s’appelle Paul Verhoeven. Il a son univers bien à lui, son style, son esthétique: le succès et les grosses productions ne doivent pas nous faire oublier qu'il s'agit d'un artiste à part entière. Ses films hollandais traitaient déjà ses thèmes fétiches, paraît-il, et il nous faut guêter une réédition en dvd. La force du désir, et le trouble que cette force génère lorsqu’elle se libère, apparaissent comme un thème majeur et jouissif dans sa filmographie américaine : la Chair et le Sang, Basic Instinct, Showgirls. Dans Zwartboek, une jeune femme qui n’a plus rien à perdre trouve dans l’action sa façon à elle de faire son deuil. Ce que certains critiques (comme Natacha ici juste en-dessous) ont pris un peu vite pour un manque de psychologie est en fait très réaliste, et ceux qui ont été pris dans des conflits ou des situations graves et oppressantes le confirment : on n’existe plus alors que dans l’action. Le corps et l’esprit humains sont des machines bien rôdées pour qui seule importe la survie, et les larmes sont engrangées pour plus tard. L’action, mais aussi la séduction. La jeune femme – inoubliable Carice van Houten- est sûre d’elle, elle a été aimée par ses parents, c’est une Juive heureuse et épanouie, instinctive et débordant d'intelligence, la quintessence de ce que déteste la majeure partie des Nazis et de la SS. L’idée d’un officier supérieur un peu revenu de tout, et sur qui va agir cette force de séduction brute et animale, jusqu'à ébranler ses convictions, est évidemment brillante. En explorant les nombreux niveaux de gris - là où la plupart de ses confrères appliquent de grands aplats de blanc ou de noir, Verhoeven est à la hauteur de sa réputation de vrai cinéaste, et d’humaniste, même si cet humanisme est lucide et désespéré. Jamais sur grand écran la Seconde Guerre Mondiale n’aura paru si proche et si tangible, et c’est évidemment l’absence du manichéisme et de l’autocensure (souvent inconsciente) qui gangrènent la production des grands studios américains qui en est la cause. Zwartboek nous fait réaliser avec vertige à quel point nous sommes habitués à faire rimer « grand spectacle » avec « nivellement psychologique », comme si les deux notions étaient inconciliables. Pas du tout ! L’ambiguïté dans l’action, le caractère organique de la vraie vie, les émotions mêlées qui ne se démêlent, parfois, que beaucoup plus tard, tout cela est dans Zwartboek, et plus encore : le sentiment pour le spectateur, grâce aux décors et à la lumière « bien de chez nous », et à l’emploi d’une langue chantante et imagée (le néerlandais, que beaucoup de Belges redécouvriront dans ce film !), le sentiment, disais-je, que nous avons participé, nous les "occupés", à l’une des plus grandes aventures de l’histoire de l’humanité : vaincre le Nazisme, et pour cela survivre, par tous les moyens possibles, à la plus horrible des guerres. |
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Le Renard et l'enfant,
posté le 14/12/2007 - cote : 3/10 |
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Le réalisateur de la Marche de l’Empereur passe à la fiction, avec un résultat fort mitigé. Résultat : beaucoup de bâillements dans la salle, toutes tranches d’âge confondues. La désillusion est proportionnelle au matériau dont le réalisateur disposait pour créer un vrai film : une petite fille épatante, une France sauvage, Isabelle Carré, sans parler des animaux, et de son savoir-faire de réalisateur animalier. Hélas, l’histoire ne démarre vraiment que 10 minutes avant la fin… Avant cela, c’est « Chronique d’un apprivoisement impossible », pendant 1 heure 20. On peut s’extasier devant la beauté des images, mais pas très longtemps, car tout fait un peu toc, un peu fabriqué, un peu léché, bref, trop construit. A la petite, on demande d’enchaîner les sourires niais, en gros plan, qui sont montés systématiquement après la découverte d’un nouvel ami-animal. Le parti pris qui consiste à ne montrer aucun être humain à part elle fait vite songer à une pirouette, on décèle là plus de paresse scénaristique qu’une volonté esthétique forte. La musique, sans doute fort intéressante si écoutée séparément, est utilisée de manière redondante, jusqu'à être (involontairement) comique. Le renardeau danse? La musique aussi! Le renardeau est triste? La musique l'imite immédiatement, bien docile. La cerise sur le gâteau arrive au générique, devant la longue liste des dresseurs : le sentiment de s’être vraiment fait mener en bateau. A l'heure où sort également "Survivre avec les loups", ce film-ci vient nous rappeler qu'il n'est pas évident de faire un film réussi avec des enfants et des animaux. Quel contraste entre la mièvrerie de l'un et la retenue bouleversante de l'autre. Faites votre choix! |
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