ENVOYÉ SPÉCIAL DE LA LIBRE BELGIQUE À VENISE
Doté de neuf millions d'euros, notamment par la ville de Rome et la province, celle-ci se veut, comme son nom l'indique, une» fête» tournée essentiellement vers le public. Après quelques grincements de dents du côté de la Cité des Doges, l'heure est à l'apaisement : Girgio Gosetti, directeur de la «Festa» a affirmé vouloir «collaborer» à Venise - notamment à l'occasion du centenaire de la naissance de trois figures majeures du cinéma italien, Luchino Visconti, Roberto Rossellini et Mario Soldati. Mais dans les coulisses, chacun s'observe...
Question décor, Brian De Palma en connaît en bout - suffisamment pour faire passer la Bulgarie pour le Los Angeles des années 40, théâtre du» Dahlia Noir», qu'il présentait mercredi soir en ouverture et en sélection de la Mostra. Inspiré du roman éponyme de James Ellroy, il reconstitue un fait divers authentique, l'assassinat sauvage d'une aspirante actrice, Elizabeth Short, en 1947. De Palma recrée avec force effets l'ambiance des films noirs de l'époque pour suivre la descente aux enfers du jeune policier Bucky Bleichert (Josh Hartnett) dont le partenaire Lee Blanchard (Aaron Eckhart) devient totalement obsédé par l'enquête, délaissant sa compagne Kay (Scarlett Johansson). Bucky fait la connaissance de Madeleine Linscott (Hilary Swank), riche mais trouble héritière et parfait sosie de Betty Short (Mia Kirshner connue des fans de la série «L World»).
Adapter James Ellroy à l'écran n'est pas une sinécure. Initié en 1997 par David Fincher, le projet a mis près de dix ans à aboutir. Le reprenant en cours de route, De Palma y a retrouvé ses vieilles obsessions cinématographiques pour les doubles manipulateurs.
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Alain Lorfèvre