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Blood Diamond

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Un Oscar à la clé ?
 
Leonardo DiCaprio veut s'engager pour l'Afrique comme il l'a fait pour l'environnement

Il concède qu'une nomination aux Oscars, c'est sûr, ça fait toujours plaisir. Mais qu'il ne choisit pas ses rôles en fonction de l'hypothétique statuette qu'ils pourraient lui rapporter. N'empêche qu'à 13 h 30 tapantes, heure de Londres, Leonardo DiCaprio quitte la suite dans laquelle il donne ses interviews, rognant légèrement sur le planning, pour ne rien manquer de la cérémonie d'annonce des nominations en question qui se déroule à ce moment précis sur la côte ouest des États-Unis... C'est qu'après le double coup... dans l'eau des Golden Globes, le beau Leo doit se demander ce que va lui réserver l'Academy. Ce qui est sûr, c'est que ses personnages de flic dans Les infiltrés et de barbouze chasseur de diamants dans Blood Diamond méritent, tous deux, de le voir figurer au prestigieux palmarès. Nous, c'est pour ce deuxième film que nous le rencontrons dans la capitale britannique. Une aventure dont il dit être "sorti transformé. Ce n'est pas si courant, dans le cinéma. Nous vivons dans un monde si protégé, en Occident, qu'être confronté à ce qui est la réalité et le quotidien de la majorité des êtres vivants sur cette planète ne peut que vous bouleverser. Cela m'a fait réaliser à quel point nous avons de la chance de ne pas avoir à nous battre pour l'essentiel : de l'eau potable et un peu de nourriture..." Une expérience à ce point marquante pour l'acteur qu'en plus de son combat pour l'environnement, il a décidé de prendre, désormais, une part active dans l'aide à apporter au continent africain. "Il y a un monde de différence entre voir des images à la télévision, en étant bien installé dans votre sofa, et se retrouver dans la rue, au coeur des problèmes. Faire un chèque pour les plus démunis, évidemment que c'est très bien. Mais se retrouver sur place et voir sortir de terre un orphelinat, une école où trois cents enfants qui ont perdu leurs parents morts du sida vont pouvoir commencer une nouvelle vie, c'est encore autre chose. Cela donne de la force, du courage, pour en faire encore plus..."

Blazer gris anthracite, chemise dans la même gamme, assortie à ses yeux, Leonardo DiCaprio n'a plus rien à voir avec l'icône des teen-agers qu'il a été après la sortie de Titanic. "Pourtant, de temps en temps, sur le tournage, on sentait affleurer des moments d'enfance, de doutes, de questionnements dans son regard" , confiera plus tard Edward Zwick, le réalisateur. Leo, lui, pose sur ce passé un regard parfois amusé mais surtout professionnel. "Je ne veux pas paraître ingrat et je sais ce que je dois à ce film. Il a été un véritable départ pour moi. Avant ça, j'avais joué dans des productions indépendantes, beaucoup plus sombres et j'avais envie de me retrouver dans une grosse production. Un truc de cette ampleur, qui avait autant d'ambition. Mais j'ai également appris, au fil du temps, que vous ne pouvez pas manipuler les gens, les gruger sur ce que vous êtes réellement, en tant qu'acteur et en tant que personne. Je pense avoir été assez intègre, depuis mes débuts dans ce métier. Et tant mieux si aujourd'hui les rôles que l'on me propose sont plus denses, plus riches, s'ils m'obligent à travailler davantage avant le début du tournage : ils font de moi un meilleur comédien."

Pour le coup, la principale difficulté rencontrée par DiCaprio fut, à coup sûr, l'accent sud-africain. "Il m'était totalement étranger", dit-il dans un sourire. "Tout comme ce milieu des mercenaires et où des soldats était à mille lieues de ce que je connais. Raison pour laquelle j'ai éprouvé le besoin de partir pour l'Afrique le plus tôt possible, pour m'immerger. Jusque-là, mon plus long séjour sur ce continent avait duré une semaine..." Conscient, aujourd'hui, du mal que représente le commerce des blood diamonds, ces pierres extirpées de la terre sous la contrainte, qui financent les guerres civiles et voient mourir chaque année des millions de personnes, Leonardo promet que si un jour il a à offrir à nouveau un diamant à une femme, il sera plus que prudent sur sa provenance. "Bien sûr, j'en ai acheté et offert sans savoir réellement ce que je faisais", avoue-t-il. "Les choses ont changé, aujourd'hui... Et je tiens à ajouter que, dans ce film, nous n'avons rien embelli ni rien exagéré de la situation que vivent les victimes de ces chasseurs sans morale et sans âme."

Récemment invité par les diamantaires anversois à venir constater le bon fonctionnement de leur commerce et à découvrir le processus de transformation des pierres, DiCaprio a toutefois poliment refusé. "Je n'ai pas non plus envie de devenir le porte-parole ou l'ambassadeur de tout cela", dit-il encore. D'autres combats l'attendent. D'autres films aussi. Il va s'y atteler sans tarder...

Envoyée spéciale en Grande-Bretagne, Isabelle Monnart - La Dernière Heure
 
 
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