Faire l'interview d'Eric et Ramzy est
un réel plaisir. Mais les deux humoristes, aussi chaleureux
que sympathiques, ne tiennent pas leur humour en laisse. Et parvenir
à retirer d'un entretien avec eux, un peu de
matière pour rédiger un papier, relève
véritablement de l'exploit. Mais cette après
midi-là, (le matin, ils dorment...) c'est seul, qu'Eric nous
reçoit dans sa chambre d'hôtel pour nous parler de
leur dernier film. Seuls two.
Ramzy est malade. Mais ce n'est pas pour autant qu'Eric
était calme... "Ramzy,
je lui ai mis du GHB dans son verre et ensuite... ben j'ai plus eu
envie. Donc je l'ai laissé dans le canapé... Il
est malade. Alors qu'on a même pas fait la fiesta hier soir.
On a mangé la spécialité de chez vous,
le Strudel... Quoi ? Le Strudel n'est pas une
spécialité de la région ??!! C'est
pour ça que c'est pas passé... ! Il dort dans son
vomi là. Mais il respire..."
Affalé dans son canapé, grimaçant
devant l'objectif de notre photographe, Eric, après nous
avoir rassurés sur l'état de santé de
son comparse, revient sur Seuls two, le premier film pour lequel le duo
s'est totalement investi. Ils ont tout fait à deux :
écrit le scénario, joué la
comédie, et réalisé le film. "Euh ben en fait... c'est simple,
c'est moi qui ai tout fait. Après, Ramzy venait et il disait
ce qui n'allait pas. De toute façon il est pas
là, il peut pas se défendre... Bon. Non. Plus
sérieusement, bosser à deux ça
facilite les choses. On n'avait pas réparti les
tâches. Même s'il y a des champs dans le travail,
des territoires qu'on aime bien s'approprier, soit la direction
d'acteurs, soit le cadrage mais ces champs se mélangent en
permanence. Parfois j'ai plus envie d'écrire et donc il
prend la relève (et après
réflexion)... Non
c'est pas vrai. Lui, il écrit jamais. Il a envie de cadrer
et de diriger moi j'ai envie de m'occuper de la coiffure de Kristin
Scott Thomas. On fonctionne un peu comme euh... le diable de Tasmanie.
Ça avance n'importe comment. Mais ça avance. On
fonctionne à l'instinct." Et quand on lui
demande si c'est lui le bosseur de la bande, il répond du
tac au tac : "En tout
cas je suis le mec valide de la bande... "
Et pour deux petits comiques sans expérience de
réalisation, débarquer avec un projet de 18
millions d'euros nécessitant le bouclage des rues de la
capitale française n'était pas une mince affaire.
"On n'avait pas beaucoup
de temps. On devait tourner deux prises, en quelques minutes
à peine. On a profité des
répétitions du 14 juillet, qui
réclamaient le blocage des rues, pour tourner quelques
prises, mais ça ne nous laissait pas de temps, on n'avait
jamais réellement l'occasion de rentrer dans un rythme de
jeu, il fallait être là tout de suite, mais bon
j'ai interprété Joe Dalton, donc je peux tout
faire."
Même convaincre des acteurs comme Kristin Scott Thomas... "La plupart des acteurs du film
(Elodie Bouchez, Edouard Baer, François Damiens...) on les
connaissait, on avait déjà travaillé
avec eux, donc ils sont venus avec plaisir. Mais en ce qui concerne
plus précisément Benoit Magimel et Kristin Scott
Thomas, ils ont dit oui parce qu'ils avaient envie de se marrer, ils
ont l'habitude plutôt de faire des films sérieux.
Là, on leur donnait la possibilité de jouer des
personnages plus légers. "
Et quand on lui demande si à l'inverse, lui qui n'a
tourné que des comédies, aimerait s'essayer au
drame : "Non je ferai
toujours de la comédie. Je n'ai pas besoin de me tester sur
des rôles dramatiques. Je sais que je serais superbon... J'ai
joué Joe Dalton, donc je sais tout faire..."