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48 heures par jour

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"Je pense être un mauvais papa !" : Interview d'Antoine de Caunes (48 heures par jour)
 


"Me téléphoner à l'heure de la pause déjeuner, c'est criminel ! On fait les meilleures croquettes aux crevettes du monde dans un restaurant bruxellois. Et maintenant, à cause de vous, j'ai faim !"

Le ton est donné. Pas de préambule avec Antoine de Caunes. C'est plus fort que lui : il ne peut s'empêcher de détourner ses propres réponses pour verser dans cet humour absurde qu'il aime tant.


Si vous disposiez de 48 heures par jour, qu'en feriez-vous ?

"C'est toute l'histoire de ma vie : il m'en faudrait au moins le triple ! Pour le moment, c'est le pompon. Avec les projets de tournage, le mixage de mon film sur Coluche, la promotion de 48 heures par jour et la préparation d'un documentaire sur Los Angeles et la télévision qui est venue s'ajouter en plus, il ne me reste pas assez de temps pour tout ce que j'aimerais vraiment faire. C'est mon point commun avec le personnage du film : cela m'est difficile de choisir. Il y a toujours une idée qui me trotte en tête. Je n'arrive pas à établir une frontière nette entre le travail et la vie privée."

Votre femme, Daphné Roulier, est enceinte. Ce troisième enfant va-t-il vous aider à faire cette distinction ?

"C'est possible. Mais je pense être un mauvais papa. Un papa copain, pas poule. J'ai toujours considéré mes enfants comme des personnes à part entière, avec qui j'entretiens des relations normales. Je n'ai jamais gâtifié avec eux. Je les ai toujours emmenés partout avec moi, dans mes aventures ou les concerts. Avec le recul, je me dis que ce n'était peut-être pas la meilleure méthode."

Vous comptez en changer pour votre troisième enfant ?

"La bonne méthode, si tant est qu'il y en ait une, est celle dont on peut répondre au final. Il faut transmettre l'essentiel : le respect, l'humour, une certaine forme d'insoumission à l'ordre idiot des choses. C'est cela la vraie mission d'un père. Et je n'ai pas réussi à 100 %. Ce n'est pas facile : qui êtes-vous pour être un exemple ? Je ne dis pas ça pour vous, juste pour moi... (rire)"

Pensez-vous, comme on le voit sur la couverture d'un livre dans le film, que le père est une mère comme les autres ?

"Surtout pas ! Il y a des différences à ne pas gommer. Je n'ai pas envie d'allaiter un jour ! (rire) Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je ne suis pas tout à fait passé de l'autre côté."

Vous tournez souvent dans des comédies, pas toutes réussies...

"Je vous le confirme (rire)"

... basées sur de bons dialogues.

"Le plaisir de jouer la comédie commence par les mots. Ils m'attirent en tout premier lieu. Avec le rythme, essentiel pour faire rire. Les Capra, Lubtisch, Blake Edwards possèdent un art du tempo extraordinaire. Victor Victoria, mon film de chevet, va à du 200 à l'heure."


Antoine de Caunes aussi. À 54 ans, il continue à donner le tournis avec son débit de mitraillette. Pas de doute : 24 heures par jour, c'est largement insuffisant pour cet infatigable amuseur dont le style élégant manque de plus en plus à la télévision.

Propos recueillis par Patrick Laurent - La Dernière Heure
 
 
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