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I'm not there

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Tout sur les palmarès de Venise et Deauville
 


Alors que Ang Lee recevait son deuxième Lion d'Or en trois ans au Festival de Venise, le thriller The Dead Girl, sorti sur nos écrans au mois de mai dernier, repartait avec le premier prix du Festival du Film américain de Deauville.


Ang Lee, tout l'or de Venise

Deux après "Brokeback Mountain", la Mostra prime à nouveau le Taïwanais. "Lust, Caution" donna, dès le deuxième jour, le ton d'une édition riche en émotions. Le jury a eu le choix difficile entre fictions classiques et oeuvres réalistes.

C'était à parier : avec une compétition dotée de films si riches et si enthousiasmants, le palmarès du 64e festival de Venise, qui coïncidait aussi avec le 75e anniversaire de la manifestation, ne pouvait faire l'unanimité. Le jury lui-même, composé des réalisateurs Catherine Breillat, Emanuele Crialese, Jane Campion, Alejandro Gonzalez Inarritu, Paul Verhoeven, Ferzan Ozpetek et présidé par Zhang Yimou, a mis plus de neuf heures à trancher "et aucun des prix n'a été décerné à l'unanimité", selon l'un de ses membres.

Deux grands courants cohabitaient au sein de la sélection. D'une part des oeuvres néo-classiques, à la mise en scène ample et ambitieuse, sagas mi-poétiques mi-historiques. Ce sont elles qui, manifestement, ont su le mieux rassembler le jury, comme Lust, Caution, d'Ang Lee, qui reçoit un prix de la photographie et, surtout, le Lion d'or, à peine deux ans après avoir remporté la récompense suprême de la Mostra pour Brokeback Mountain.

Les prix d'interprétation vont dans le même sens. Tout à fait inattendu, Brad Pitt s'impose chez les messieurs. "The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford", d'Andrew Dominik, n'avait pourtant pas laissé une forte impression, malgré sa tentative de revisiter les thèmes du western. L'acteur lui-même s'est dit "surpris" de sa Coupe Volpi. Dans le registre du contre-emploi, son compère George Clooney fit mieux dans Michael Clayton, sans parler de Tony Leung dans "Lust, Caution", bien plus brillant.

Pour sa remarquable biographie musicale I'm not there, Todd Haynes aura, lui, démultiplié par six la personnalité complexe de Bob Dylan. A côté de Richard Gere, Christian Bale, Heath Ledger, Ben Whishaw et Marcus Carl Franklin, il aura eu l'audace inspirée de confier à Cate Blanchett le soin d'incarner la face iconique du chanteur, dans sa période faste des sixties. Composition gagnante pour l'Australienne, qui rafle le prix d'interprétation féminine - celui-ci sans contestation possible.

Alain Lorfèvre

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"The dead girl" remporte le Grand Prix du 33e festival de Deauville

Le deuxième long-métrage de Karen Moncrieff, "The dead girl" a remporté dimanche soir le Grand Prix du 33e festival du cinéma américain de Deauville

Le deuxième long-métrage de Karen Moncrieff, The dead girl, une intrigue glauque et dure mais terriblement puissante, a remporté dimanche soir le Grand Prix du 33e festival du cinéma américain de Deauville. Lent et introspectif, le film a été loué, lors de la cérémonie de remise des prix, pour "sa puissance absolument époustouflante" par le réalisateur français André Téchiné, président du jury. Le film relate la découverte du corps d'une jeune fille dans un champ et le bouleversement qu'elle va provoquer dans la vie de plusieurs personnes étrangères les unes aux autres, mais liées d'une manière ou d'une autre à ce meurtre brutal.

Karen Moncrieff, qui avait réalisé "Blue car" en 2002, donne à voir avec beaucoup de talent la souffrance intérieure de ses personnages. "Mon film traite de la violence et je crois que personne autour de nous n'est immunisé contre la violence", a souligné la réalisatrice en recevant son prix. "J'ignore ce que je peux faire personnellement, mais je pense que l'art est là pour nous unifier et que l'écran sombre du cinéma permet peut-être à l'humanité de guérir ou, en tout cas, d'essayer de panser ses plaies", a-t-elle expliqué.

Le prix du jury est revenu à "Never Forever" de la réalisatrice sud-coréenne Gina Kim, qui signe là son troisième long-métrage. Le film, qui a "troublé" le jury "par son mystère et son audace", selon André Téchiné, retrace les difficultés d'un couple dans l'impossibilité d'avoir des enfants.

Le prix de la révélation Cartier a été attribué à "Rocket Science" de Jeffrey Blitz. Celui-ci, qui met en avant les difficultés rencontrées par un adolescent souffrant de bégaiement en rendant très bien la grâce et l'ingratitude caractérisant cet âge, a été notamment loué pour la qualité de son écriture, sa poésie et l'universalité de son propos.

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