Précédée d'une édition spéciale des Guignols ("Qu'est-ce que j'ai hâte de savoir qui a gagné le meilleur décor, le meilleur éclairage, je n'en peux plus d'attendre... ", lance la marionnette de Michel Denisot, avant de se mettre à pleurer "d'avoir vu tous les films en compétition "), la 33e cérémonie des Césars avait un petit côté Hollywood délirant hier soir.
Glamour et humour y ont fait bon ménage avec Marion Cotillard (en rose, évidemment), Virginie Ledoyen, Emma de Caunes ("Je ne suis pas venue supporter papa : ça, c'est tous les jours ! "), Ludivine Sagnier, Fanny Ardant, la princesse Clotilde Courau, Charlotte Rampling, Chiara Mastroianni, Caterina Murino, Kad Merad barbu ("On dirait un concert des Tokio Hotel, mais dans 20 ans "), Daniel Prévost et ses lunettes noires de James Bond, Roberto Benigni, Julien Doré ou notre Jean-Claude Van Damme national, tout de noir vêtu sous une cravate bordeaux, qui a failli se faire écraser par une voiture après avoir salué le public !
Surréaliste. Comme le début de soirée. Marquée par un hommage immédiat à Michel Serrault, Jean-Pierre Cassel et Jean-Claude Brialy, les grands disparus de 2007. Puis suivi d'un discours d'un Jean Rochefort guilleret et dansant. "J e me suis davantage penché sur ma tenue et mon entrée que mon discours. Le tout premier César, c'était bibi. La soirée était glaciale. Elle était présidée par Jean Gabin. Il nous impressionnait. Je n'ai jamais pu lui dire que j'étais fier d'être son contemporain. Ce soir, on aura aussi une pensée pour Ingrid Betancourt. Mais avec Antoine de Caunes, on a décidé d'être rigolo coûte que coûte. La vraie élégance, quoi."
"On dit toujours qu'on a le président qu'on mérite" , lance l'ami Antoine. Avant de présenter un sketch dans lequel il tente de convaincre Valérie Lemercier, déguisée en... Edith Piaf, de reprendre la présentation des Césars. "Cette année, je vais aux Oscars, lui réplique-t-elle. Je suis nominated ! Il veut que je rempile pour les Césars, ce con ! Non, rien de rien, je ne regrette rien. "
Personne, c'est sûr, ne doutait de la victoire de Marion Cotillard. Mais c'est Laurent Stocker (Ensemble c'est tout ) qui a décroché le premier prix de la soirée, celui du meilleur espoir masculin. Sans pouvoir embrasser Alice Taglioni, de deux têtes plus grande que lui ! La Môme a ensuite rafflé de nombreuses récompenses. Surtout techniques : son, costume, photo et décor. Avant la délivrance, sur le coup de 23 h 30 : Marion Cotillard, terriblement émue, a décroché le prix que toute la France attendait, celui de la meilleure actrice. Remis par Alain Delon. Le César du meilleur acteur est lui allé à Mathieu Amalric (Le scaphandre et le papillon), absent pour cause de tournage du prochain James Bond.
Seule surprise : c'est La graine et le mulet qui a décroché le César du meilleur film. Son quatrième de la soirée, après la réalisation (Abdellatif Kechiche), le scénario et l'espoir féminin.
Patrick Laurent - La Dernière Heure
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